Intervention à la Commission Exécutive du 22 janvier 2019

Chers et chères camarades,

Il est coutume de souhaiter les vœux comme à chaque nouvelle année, j’y reviendrai plus tard. Je vais commencer par un bilan de l’année 2018 sur les enjeux revendicatifs décidés collectivement.

Début 2018 aura été marqué par la décision, lors du conseil général fédéral du mois de janvier, d’une démarche collective de réintégration à 50% des élus et mandatés des Industries électriques et gazières ; démarche offensive dans l’objectif d’aller chercher des moyens syndicaux en baisse depuis les dernières élections et dans le but d’anticiper les conséquences de la mise en place des CSE.

Même si notre syndicat s’est inscrit sur cette démarche et a entamé une réflexion sur l’organisation de celui-ci par l’organisation d’un comité général le 6 novembre 2018, force est de constater que cette démarche a été en partie incomprise au niveau de l’ensemble des syndicats de notre fédération.

À peine cinq cents retours de courriers, alors, pour ne frustrer personne, le conseil général fédéral de juin a préféré ne pas donner suite.

Je trouve cela dommage, surtout lorsque l’on prend connaissance des éléments issus des négociations dans les entreprises.

J’espère que tout le monde a conscience des effets du local au national.

Inutile de rappeler les conséquences pour toute la CGT de la section syndicale au syndicat territorial, d’entreprise, d’établissement, national, multi-professionnel, de site, à l’union locale, à l’union départementale, au comité régional, à la fédération et à la confédération.

Les formes d’organisation des syndicats du champ fédéral devront être débattues avec les syndiqués, sans perdre de temps.

L’heure n’est plus au bilan mais à la recherche d’une organisation visant une meilleure efficacité avec des moyens différents et à la baisse.

2018 aura été marquée par la décision des secrétaires généraux des syndicats, le 28 mars, à s’engager dans une démarche revendicative, un printemps des luttes, pour peser dans le débat public sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie organisé dans la période de début mars à fin juin.

Une stratégie de lutte qui est cadencée avec celle des cheminots pour la défense des services publics du rail, du gaz et de l’électricité et répondant aussi à l’appel de la confédération de faire grève dans les entreprises dans le but de faire converger les luttes avec toutes les professions

Dans ce printemps des luttes pour gagner un service public de l’énergie, les agents d’ENEDIS et de GRDF ont décidé d’exprimer par le biais de cahiers revendicatifs locaux des problèmes rencontrés tous les jours dans leur travail.

La colère des agents des exploitations des deux entreprises s’est transformée en occupation de sites, jusqu’à deux cent cinquante au plus fort de la lutte.

Pour nombre d’entre eux, la grève a été reconduite et bien organisée dans la durée jusqu’à la première semaine de juillet.

Cette démarche avait pour objectif de porter les revendications du quotidien liées au travail et à l’exercice du service public de l’électricité et du gaz considéré comme dégradé compte tenu des choix des réorganisations, des restructurations, des suppressions d’emplois, des fermetures d’agences, de boutiques de proximité, de sites, etc…

Notre syndicat s’est inscrit dans la démarche en portant les cahiers revendicatifs des salariés et syndiqués des sites de travail. Une démarche partant de la base qui nous avait conduit en 2017 à douze luttes gagnantes.

Pour autant, la démarche revendicative n’est efficace que si elle est accompagnée d’une période d’information des salariés et de formation des militants.

Ainsi, les sites de Charles-de-Foucauld et d’Heillecourt ont été occupés durant plusieurs jours, par les agents de la distribution, gaziers et électriciens, avec des résultats disparates selon le rapport de force ou la position des employeurs.

Lors de l’assemblée générale de rentrée des secrétaires généraux des syndicats de notre fédération, le 11 septembre, et lors des réunions de rentrée des coordinations régionales, il a été exprimé à plusieurs reprises que les éléments sortis des négociations étaient insuffisants et répondaient peu aux attentes exprimées par le terrain, notamment sur les mesures salariales.

Le printemps des luttes aura été marqué par l’implication massive des jeunes, pour la plupart des bas salaires, bien loin de la préoccupation des conséquences du Plan Moyen Terme (PMT) des entreprises mais plus axés sur l’urgence pour :

  • Vivre dignement en apportant des solutions aux problématiques de logement ;
  • Pouvoir exercer leur profession dans de meilleures conditions, avec du matériel de qualité et une organisation du travail cohérente et efficace ;
  • Une juste reconnaissance et une meilleure rémunération.

2018 aura été marquée par la montée de la criminalisation syndicale et des sanctions pendant la lutte du premier semestre, mais aussi dans la suite de la lutte pour l’augmentation du SNB, en novembre et décembre 2017.

Trop de camarades sont sanctionnés. Nous devons être plus offensifs et plus solidaires pour combattre ces répressions.

2018 aura débuté par la validité de l’accord « moyens bénévoles » sur les activités sociales, qui est loin d’atteindre le niveau des moyens nécessaires pour organiser et faire vivre la proximité.

Nous savons que de nombreux camarades détachés dans les SLVies contribuent à organiser le syndicalisme de proximité en complémentarité avec la section syndicale lorsque celle-ci existe.

Cette réalité, si les SLVIES disparaissaient, contribuerait, avec la mise en place des CSE et la suppression des CHSCT, à diminuer le nombre des élus CGT en proximité sur de nombreux lieux de travail.

L’enjeu est de taille, nous devons en informer nos syndiqués et les salariés.

Le dernier trimestre 2018 aura été marqué par le dé-mandatement du DSC et du RS au CCE d’ENEDIS. Mais j’y reviendrai pendant le débat.

2018 retiendra aussi l’augmentation du SNB de 0,3% !

Les employeurs de la branche des IEG auront fait, comme pour les années précédentes, de la provocation pure et simple.

Deux journées d’actions auront été programmées pour faire bouger les employeurs, tant pour le SNB que pour les pensions.

Celles du 9 octobre et 13 novembre, organisées sur un appel interprofessionnel concernant les questions du pouvoir d’achat, des emplois et de la protection sociale.

Certainement que la faible participation des travailleurs et des retraités à ces journées de grève aura convaincu les employeurs de ne pas faire de nouvelle proposition sur le SNB et de rester sourds à nos revendications pour l’augmentation des pensions et la compensation de la CSG.

Vous me trouverez peut-être sévère sur l’analyse mais force est de constater que, sur ces deux journées de grève, le rapport de force n’était pas à la hauteur. Peut-être nous faut-il revoir notre stratégie revendicative concernant les mesures salariales.

D’autres mobilisations, cette fois interprofessionnelles, se sont déroulées en 2018, courant décembre (les 14,17 et 18), notamment pour exiger l’augmentation du SMIC et des minimas de grilles de salaires à 1800 euros ainsi que l’augmentation des pensions.

L’objectif était de peser sur les décisions prises par le ministère du Travail au sein de la Commission Nationale de la Négociation Collective concernant les mesures pour 2019.

2018 aura été marquée par la décision du Comité exécutif fédéral de tenir le prochain congrès fédéral du 22 au 26 juin 2020 à Clermont-Ferrand.

Notre syndicat devra aussi prochainement décider de la date de son prochain congrès. Statutairement, nous devons le tenir tous les trois ans. Le 17e congrès s’étant déroulé les 28 et 29 septembre 2016 à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, nous devrions alors le tenir fin 2019.

Pour autant, je vous propose de le reporter en septembre 2020 afin de prendre en compte le résultat des élections CSE fin 2019 en intégrant les nouveaux droits s’y rattachant.

Fin 2018 aura été marquée par la mobilisation des gilets jaunes exprimant une urgence sociale sur les questions de pouvoir d’achat notamment.

Cette mobilisation a fait et fait encore parler au sein de la CGT. Malgré tout, depuis le 17 novembre, les choses ont évolué dans la manière d’analyser et de tenir compte de ce mouvement.

Très vite est venu l’objectif de faire converger les mobilisations en liant occupation des entreprises la semaine et rassemblement le week-end dans le but de peser sur l’économie du pays.

Un mouvement qui laisse des appréciations différentes parmi les citoyens d’un département à un autre où l’acceptation de la présence CGT n’est pas forcément naturelle. Mais le temps aide à faire bouger les consciences.

Cela n’empêche pas des gilets jaunes de penser que le syndicalisme et la politique ne servent à rien, que c’est le peuple qui doit reprendre le pouvoir à tous les niveaux pour organiser une vie meilleure pour tous les citoyens.

Cela interroge et, finalement, les gilets jaunes sont-ils tant en décalage dans la société d’aujourd’hui ?

N’y a-t-il pas dans nos entreprises des travailleurs et des syndiqués qui pensent la même chose ? Notamment sur l’efficacité du syndicalisme et de la CGT ?

Ce débat devrait à coup sûr traverser le congrès confédéral.

D’ores et déjà une journée interprofessionnelle de lutte et de grève de vingt-quatre heures est organisée par la CGT, le 5 février 2019.

Mais, auparavant, une initiative des retraités organisés sur toutes les organisations syndicales et associations de retraités, est organisée le jeudi 31 janvier 2019 après midi, sur Nancy.

Avant de passer à la traditionnelle expression des vœux pour cette nouvelle année, quelques éléments sur la tenue d’initiatives en 2019.

2019 sera marquée par la tenue du 52e congrès de la CGT à Dijon. Marc DISSOUBRAY représentera les syndicats de l’énergie de Meurthe-et-Moselle.

Je vous propose de prendre connaissance des textes et résolutions disponibles qui seront débattus, mais aussi à organiser un débat préparatoire lors de la CEX du 5 mars 2019 afin d’aider notre délégué à porter le mandat pour chaque vote.

Cette étape démocratique dans la vie de la CGT sera analysée à la loupe par nos ennemis de classe qui ont, comme seul objectif, de réduire au néant le syndicalisme dans l’entreprise.

Nous aurons aussi à réunir le 28 février 2019 les responsables de sections syndicales, suite à notre conseil général du 6 novembre 2018, afin de les sensibiliser au fonctionnement du syndicat et du rôle qu’ils auront à tenir dans les prochaines années.

De même, nous organisons une journée d’étude CSE le 7 mars 2019, afin d’appréhender les nouvelles prérogatives des prochains élus et mandatés au CSE, mais aussi dans le cadre de la préparation des prochaines élections du 14 novembre 2019.

2019 doit nous conduire à réaliser collectivement des vœux dans l’objectif d’être plus efficaces, pour ne rien lâcher et pour redonner de l’espoir aux travailleurs et retraités de ce pays.

2019, poursuivons ensemble et non chacun dans son entreprise, une dynamique de lutte pour le maintien des emplois, l’avenir des entreprises et des sites de travail.

2019, poursuivons notre dynamique de lutte pour gagner un service public de l’énergie pour l’intérêt général.

2019, lions démarche revendicative avec démarche de syndicalisation pour renforcer les rangs de la CGT et donner plus de poids à la convergence des mobilisations dans toutes les professions.

2019, menons dès à présent la campagne électorale en vue des élections des CSE dans la branche des IEG.

2019, menons une réelle bataille sur la question des classifications et des rémunérations, de l’augmentation du Salaire National de Base sur les IEG et des pensions. Adoptons une nouvelle stratégie politique pour gagner !

2019, menons aussi une lutte de haut niveau pour s’opposer à toute réforme des retraites.

2019, faisons converger toutes les mobilisations nationales, européennes et internationales nécessaires pour transformer la société, pour éradiquer l’austérité et pour un monde meilleur, solidaire et de paix.

Tout cela sera possible si nous sommes tous convaincus et décidés à les porter ensemble et les mettre en œuvre.

Pour conclure, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, à vous ainsi qu’à vos proches, une bonne année 2019.

Recevez tous mes vœux pour cette nouvelle année. Bon débat. Merci de votre attention.

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