Déclaration liminaire CGT au CSE de la DR Lorraine le 14 janvier 2020

Nous n’attendions rien des vœux du Président de la république et il ne nous a pas déçus.

Après un discours plat et ennuyeux d’une longueur record, le président MACRON loin d’être un président à l’écoute des Français, a réaffirmé sa volonté de réformer les régimes de retraite. Une vraie Margaret THATCHER voulant fermement amener les Français vers un modèle plus anglo-saxon où les plus riches pourront s’enrichir encore plus et les moins favorisés à travailler plus longtemps pour gagner moins.

Tous les événements récents prouvent que la démarche présidentielle est de livrer le pays aux appétits du capitalisme mondial et de prendre aux Français qui « se lèvent et qui travaillent » pour donner aux actionnaires et au grand patronat tout en préservant ceux qui servent le capital :

  • Avec le maintien des niches fiscales, du CICE, évasions fiscales et une année record pour les marchés financiers avec le CAC 40 qui a progressé de 28% et atteint des sommets historiques en 2019.
  • Avec Jean-François CIRELLI, ancien président et fossoyeur de GDF en le livrant au capitalisme de Suez, maintenant président de la branche française de BlackRock, plus important gestionnaire d’actifs du monde, a été nommé officier de la Légion d’Honneur ce 1er janvier. Certainement un remerciement pour ses actions de lobbying en faveur de la réforme du système de retraite qui permettront à son Groupe de mettre la main sur l’énorme marché de la retraite par capitalisation dans toutes les branches professionnelles dont celle des IEG.
  • Au travers de l’évasion digne des Pieds Nickelés de Carlos GHOSN qui n’a pas redressé Renault comme le disent les médias, mais nourri les actionnaires et licencié plus de 100.000 personnes dans le Groupe. Un homme qui demande même aujourd’hui de toucher sa retraite chapeau, son parachute doré, alors qu’il a démissionné pendant son séjour dans les geôles japonaises.
  • En tentant de faire passer le message subliminal d’adhérer au régime de retraite universel par points, le président MACRON annonce « renoncer » démagogiquement et de façon hautaine voir méprisante, au régime spécial de retraite des présidents de la République (6000 euros par mois). Comme tous les très riches, il n’a pas vraiment besoin de passer par une retraite classique pour ses vieux jours et ses systèmes de retraite par capitalisation suffiront plus que largement.

Et ce n’est pas les déclarations de notre ministre de tutelle E BORNE, à peine revenue de ses vacances à Marrakech, qui nous rassureront. D’ailleurs comment peut-il être permis une telle ingérence de la part de représentant du gouvernement, sans l’appui de la direction, à vouloir tenter de convaincre la majorité des salariés à croire au bienfondé de cette réforme.

Depuis ce 5 décembre, les salariés des IEG, en grand nombre, se mobilisent sous différentes formes pour faire entendre leur mécontentement sur ce projet de réforme. Projet de réforme global et pas uniquement ciblé pour les seuls salariés des IEG, comme les cheminots ou traminots, la mobilisation des agents des IEG est pour faire retirer la totalité de cette réforme de retraite.

Ce ne sont pas les annonces de ces derniers jours par le premier ministre de retrait de l’âge pivot ou l’âge d’équilibre ou quel que soit le nom choisi que la majorité des travailleurs va arrêter son mouvement. Ces annonces, adoubées par la CFDT et l’UNSA, n’entament en rien le moral et la détermination du réel corps social militant de défense des travailleurs.

Il serait d’ailleurs opportun que la CFDT s’exprime clairement au sein de ce Comité pour officialiser sa position claire sur le projet de réforme des retraites, que celle-ci soit transcrite au PV pour que « mémoire puisse s’en faire ». Il serait d’ailleurs de bon aloi, que la CFE-CGC, alliée à l’UNSA pour uniquement pouvoir sortir de son statut de syndicat catégoriel s’explique également sur cette stratégie ? S’allier à un syndicat dont le « président » disait déjà en septembre qu’il ne mettrait pas « ses troupes » dans la bataille pour contrer le projet de réforme des retraites, est-il en phase avec ce que vous revendiquez réellement aujourd’hui ?  Nous savons depuis longtemps que les opportunités électoralistes n’amènent rien de bon. La preuve, avec ce gouvernement et sa clique de ministres. Des jeux d’alliance, allant même pour écarter d’un revers de la main, le suffrage exprimé par une majorité d’électeurs. Mais ceci est en droite ligne de la politique générale, l’alliance pour quelques-uns au détriment du plus grand nombre.

D’ailleurs, il faut bien comprendre le double langage politique malgré ce qui est claironné. L’âge de départ en retraite est bien reculé, et ce sans aucune volonté de prendre compte une augmentation de cotisations sociales patronales, pour ne pas déplaire au « MEDEF » et augmenter le fameux cout du travail. Pour autant, les bénéfices record du CAC 40 de 2019 peuvent largement permettre un financement à hauteur des enjeux sociaux et sociétaux de notre système de retraite par répartition, solidaire et intergénérationnel tout en gardant un pécule non négligeable pour les actionnaires.

Les femmes, grandes perdantes, ont droit à une double peine. Celle de subir des carrières hachées, sous payées par des contrats précarisés et par le retrait de la reconnaissance de la maternité.

Le patronat et le capitalisme doivent participer au financement global de la protection sociale. Qu’ils arrêtent de faire « les pleureuses », ils bénéficient à outrance des aides citées plus haut auxquelles s’ajoutent toutes les exonérations de cotisations sociales solidaires. Le gouvernement ne doit pas « donner » à la finance, par des fonds comme Black Rock, 70 milliards d’euros dédiés à notre protection sociale.

Dans l’énergie, à l’international, nous savons les ravages que peuvent faire les fonds de pension, comme l’ont vécu des milliers d’américains, jetés à la rue du jour au lendemain quand ENRON s’est déclaré en faillite en 2001. Et plus près de nous, fin 2016, 250 000 routiers se sont retrouvés sur la paille avec la faillite du fond de pension qui gérait leurs retraites.

Pour la CGT, par ses fédérations, ses syndicats, ses syndiqués et tous les salariés engagés dans ce mouvement social, la seule issue possible pour le gouvernement et de retirer en totalité son projet de retraite par points et entendre les propositions de la CGT sur l’amélioration du système de retraite des Français.

La CGT, la FNME CGT et ses syndicats demandent à tous les Electriciens et Gaziers, Mineurs, Salariés des IEG, de continuer, de renforcer la lutte et de se préparer à amplifier les actions et les périodes de grèves reconductibles, dans les jours à venir pour faire retirer le projet du gouvernement de retraite par points. Dans le contexte actuel, la délégation CGT ne siègera pas au CSE et va de suite élaborer une communication précise sur les derniers éléments du projet de réforme des retraites vers les salariés.

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