Intervention à la Commission Exécutive du 17 septembre 2020

Cher-es camarades,

J’espère que vous avez pu prendre des congés pour des vacances reposantes, malgré ce contexte sur fond de crise sanitaire.

En France, ou dans le reste du monde, une crise sanitaire, sociale et économique s’abat sur tous les peuples.

Cette situation internationale dans un contexte de crise sanitaire mondiale prend une résonance toute particulière.

La pandémie agit comme un révélateur des caractéristiques du monde qui est le nôtre, notamment celle concernant la faiblesse de la gouvernance mondiale et la crise du multilatéralisme (en matière sanitaire, sociale, économique et environnementale). 

Les zones de tension et de déséquilibre se sont multipliées et accentuées à l’image de la Chine et des États-Unis. 

Partout dans le monde, le coronavirus a été le prétexte plus ou moins assumé de réduire les droits des travailleurs et les libertés des peuples, les réponses auraient pu être sociales et sanitaires, elles auront été économiques et répressives. 

A de nombreux endroits, à l’image de la Biélorussie, des mouvements populaires ont su prendre forme, bravant les diktats et les interdictions. 

Rien n’est gagné mais rien n’est perdu non plus, la lutte s’organise dans un monde de plus en plus incertain.

En France, cette crise sanitaire et le confinement à grande échelle de la population ont bouleversé notre vie, qu’elle soit personnelle, professionnelle comme syndicale.

Même durant cette période estivale le virus nous a plus ou moins pourri la vie. Malheureusement la guerre contre le CoViD est loin d’être gagnée et risque fort de nous bousculer pendant encore des mois. Il est donc primordial d’organiser dès aujourd’hui notre fonctionnement pour les mois à venir. Cette organisation se pose de l’adhérent vers notre syndicat, à notre fédération, à la Confédération et bien évidemment dans nos entreprises.

Il y a encore quelques mois le télétravail était une demande récurrente pour certains, une réticence ou un refus pour d’autres. Il s’est subitement imposé à toutes et tous comme une réponse inévitable à la situation. Le point de vue sur le télétravail a forcément évolué, en bien ou en mal, dans l’esprit de chacun! 

La question du télétravail doit donc être regardée de près, faire l’objet de discussions et de négociations et surtout être mis en œuvre sur la base du volontariat et non être imposé. 

La CGT souhaite l’ouverture d’une négociation d’un accord national interprofessionnel sur le télétravail à décliner dans les branches et les entreprises. Le gouvernement ne peut laisser faire « l’inaction » et le peu d’empressement des organisations patronales en la matière.

Une note positive, avec la visio ou les conférences téléphoniques, on a des retours sur plus de participants à nos réunions. Ne doit-on pas en tirer quelques enseignements ?

Là-dessus se rajoute le port du masque obligatoire en entreprise et dans les lieux clos collectifs. S’il est effectivement une solution de protection ce n’est pas la seule ! 

Nous devons vraiment nous interroger sur l’environnement de travail, les conditions de travail ainsi que le temps d’exposition des salariés et donc le temps de travail.

Du reste dans le contexte de la crise sanitaire de le CoViD 19, le syndicat allemand IG Metall demande la semaine de travail de 4 jours de façon pérenne et pas juste pour la période de crise !

Il y a encore peu, certains nous prenaient pour des fous avec notre revendication sur les 32 heures! 

Cette revendication confédérale sur le temps de travail n’est pas seulement liée à la crise actuelle, mais aussi aux changements structurels dans des secteurs comme les nôtres confrontés à des évolutions technologiques, environnementales et à l’accélération du numérique.

Attaquer avec les 32h, c’est s’attaquer au coût du capital. Ne nous craignons pas et portons partout notre revendication sur les 32h !

Pour revenir sur les masques, si son port devient obligatoire dans les entreprises, ils devront donc être considérés comme des Équipements de Protection Individuel (EPI) et donc être gérés comme tel en étant fournis par les employeurs. Ce qui pose la question de leur qualité et niveau de protection, donc du masque FFP2 voire FFP3. Enfin, ce n’est pas aux salariés de financer et de procéder à l’achat des masques. 

On peut logiquement aussi se poser la question du coût du port de masque qui se généralise un peu partout pour les retraités comme les familles nombreuses. La CGT porte la gratuité des masques pour tous.

Il nous semble donc important que vous vous exprimiez et que vous nous aidiez à adopter la meilleure stratégie en lien avec votre ressenti sur le terrain. Cela pourrait aussi aider nos délégués syndicaux qui sont d’ores et déjà sollicités par les employeurs pour des accords sur le télétravail et autre.

Après la crise sanitaire, il y a une crise sociale. Durant le confinement, de nombreuses familles avec enfants ont peiné à se nourrir. La fermeture des cantines scolaires à favoriser la dénutrition de beaucoup d’enfants. A Paris, comme dans beaucoup de villes universitaires, nombre d’étudiants et de travailleurs précaires sont dans une situation alarmante. Les associations mettent en garde sur la situation particulièrement effrayante des familles les plus modestes avec enfants.

Comme là signalée la CGT, l’ampleur de la crise sanitaire a démontré les impasses du « Wall Street Management », le management par les coûts qui, dans le privé comme dans le public, dans l’industrie comme dans les hôpitaux, fait primer l’objectif de rentabilité financière de court terme sur toute autre considération sociale, environnementale ou sanitaire.

Ce n’est pas d’un plan de relance composé de cadeaux sans contreparties aux entreprises dont nous avons besoin : c’est d’un plan de rupture avec les politiques menées jusque-là, un véritable plan de transformation y compris pour les services publics. 

La crise sanitaire a démontré l’importance et la centralité de ces services et la nécessité de partir à la conquête des services publics du 21ème siècle. Socle indispensable de la solidarité, de la citoyenneté, de la démocratie, de l’émancipation et du développement économique, les services publics démontrent chaque jour leur efficacité et leur capacité d’adaptation pour continuer de répondre aux besoins et nous permettre de faire face à la crise. Ils sont aussi un puissant levier de transformation, pour une société plus juste, solidaire, émancipatrice, respectueuse de l’environnement, fondée sur l’intérêt général.

Ils doivent échapper à toute logique de marché, être présents sur l’ensemble du territoire et leur périmètre doit être renforcé : l’énergie bien sûr mais aussi l’éducation, la formation, l’action sociale, la santé, l’emploi, la justice, la sécurité, le logement, les transports, l’eau, la culture, l’information et la communication. 

Pour la CGT, il est urgent d’arrêter sans délai tous les processus de réforme des services publics, et tous les plans de suppression de postes et de fermetures. 

La crise sanitaire a eu également des conséquences sur la démocratie sociale dans les entreprises, le gouvernement a en effet mis à profit la crise sanitaire pour accentuer encore davantage la casse des droits sociaux, déjà bien fragilisés, grâce à une loi d’urgence sanitaire. Les entreprises ont les mains libres d’user de ces régressions jusqu’à décembre 2020. 

Donc pas question, comme le demande le patronat d’abandonner au prétexte de la crise économique les normes sociales et environnementales, au risque d’une nouvelle crise, encore plus violente que celle que nous traversons actuellement. Pas question de se voir imposer des mesures de restrictions sociales pour des mois, voire des années !

La CGT se doit d’être à l’offensive pour cette rentrée sociale pas comme les autres. Une organisation comme la nôtre se renforce dans la bataille.

Cette journée du 17 septembre, mais pas seulement, prend alors toute sa place pour imposer une sortie durable de la crise sanitaire, sociale, économique et environnementale.

Histoire de bien nous gâcher les congés, le président de la République a, sans surprise, confirmé le cap de la politique gouvernementale, notamment le maintien des principes de réformes concernant l’assurance chômage et les retraites.

Néanmoins, au-delà d’un « simple » report de calendrier, c’est le contenu même de ces réformes qui sera ouvert à discussions/négociations. Les mobilisations sociales de 2019 et 2020 ont lourdement influencé ce choix politique qui n’est en rien du seul fait de la crise sanitaire. 

C’est bien la démonstration que seul le dialogue social, conjugué à un rapport de force, permet des avancées pour le monde du travail. Malheureusement on sait que les régimes spéciaux sont dans le viseur de Matignon et qu’il va nous falloir monter encore d’un niveau dans la lutte si on veut gagner sur le dossier des retraites.

Qui plus est le Premier ministre vient de charger le Conseil d’Orientation des retraites d’un nouveau rapport à rendre fin septembre, avec la volonté de faire des économies en jouant soit sur le niveau des pensions avec à la clef le retour de l’âge pivot et l’accélération d’un régime de retraite à deux, voire trois étages pour tous (base réduite, complémentaire et ouverture à la capitalisation).

La CGT doit travailler à poursuivre l’information et la construction des mobilisations pour faire partager ses propositions d’une autre réforme des retraites solidaire et progressiste, c’est le sens de sa nouvelle campagne pour la reconquête d’une Sécurité Sociale intégrale notamment à partir des initiatives locales et nationales autour des 75 ans de la Sécurité Sociale. Je vous informe d’ailleurs qu’une initiative se tiendra le 7 octobre prochain à la maison du Peuple en présentiel ou par Visio conférence.

Là-dessus se rajoute l’obstination gouvernementale et patronale qui considère le salaire comme l’ennemi de l’emploi.

Pour le patronat, en temps de crise il ne faut pas fragiliser l’entreprise donc pas d’augmentation de salaire et en période plutôt lucrative il ne faut pas mettre en péril la compétitivité de l’entreprise donc là aussi pas d’augmentation de salaire !

Les IEG ne sont pas épargnées par leur jeu de dupes, bien au contraire.

Comme vous le savez il se tient actuellement une négociation de branche sur la rémunération mais aussi les classifications. Sur la partie rémunération, on constate que personne ne veut de l’abandon de la grille de Branche, les employeurs annonçant le maintien de cette grille. En revanche, le vrai débat est sur le découplage entre la Branche des IEG et les entreprises.

Les employeurs visent encore une nouvelle réduction de l’écart d’augmentation entre deux NR ! Soi-disant pour donner des augmentations individuelles plus fréquentes et plus différenciées. Bien évidement nous dénonçons cette supercherie du saucissonnage des NR qui a déjà eu lieu en 2006.

En moyenne le pas actuel entre 2 NR est un faible 2,34%… C’est quoi la suite : des pas de NR à 1% ou à 0,5% ?… Qui peut croire qu’en diminuant l’écart des barreaux d’une échelle on grimpe plus vite !

Là-dessus se rajoute un nouvel élément : la possibilité d’une augmentation annuelle générale d’entreprise en ajoutant un coefficient supplémentaire dans la formule du Salaire National de Base (SNB).

La FNME CGT alerte sur cette possibilité qui amènera mécaniquement une baisse des (déjà très faibles) augmentations générales de la Branche, voire plus du tout d’augmentation du SNB…

La CGT a des revendications pour gagner un système de classification et de rémunération de haut niveau. Néanmoins, pour que ce soit réalisable il est impératif que les salariés se mobilisent pour imposer au patronat et directions leurs exigences salariales !

Sommes-nous en capacité de créer ces conditions du rapport de force et de mobilisation sur ce thème ?  

Oui… si nous nous approprions syndicalement ces sujets.

La CGT pointe la nécessité à travailler dans les organisations et aussi entre nous à des projets en termes de reconquête industrielle, de filières, de maintien et de développement de l’emploi. Après la recherche, l’exploration, la filière charbon, celle du commerce, ce sont maintenant les femmes et les hommes des services et réseaux gaz d’Engie qui vont subir les velléités suicidaires de nos dirigeants.

En effet, le président du Conseil d’Administration du Groupe d’Engie vient d’annoncer froidement, début août, que le Groupe allait se séparer des 2/3 des « solutions client », soit environ la suppression de plus de 60 000 postes chez INEO, AXIMA, COFELY ou encore ENDEL !  Ce dernier fait également état de nouvelles cessions de parts chez GRTGaz, Elengy et Storengy.

Est-il utile de rappeler qu’en 4 ans, c’est 8 700 postes en moins aux IEG. On perd en moyenne entre 1 et 2% de nos effectifs chaque année ! Les suppressions de postes et les externalisations d’activité vont rapidement avoir raison de notre statut !

Sur le plan national, les chiffres du chômage montrent les arrêts brutaux d’embauches pendant la période de confinement. On sait déjà que ce sont les jeunes qui sont et qui seront les premières victimes collatérales de cette crise sanitaire.

Au niveau du territoire national on attend 700.000 à 800.000 jeunes supplémentaires qui vont chercher un emploi à la rentrée. Trouver des réponses structurantes à cet enjeu majeur est vital pour leur avenir et celui du pays. 

Plus que jamais, la mobilisation sociale doit se faire entendre pour une politique publique d’investissement, pour l’emploi, pour les salaires et la diminution du temps de travail, pour notre système de protection sociale et nos retraites… C’est tout le sens de l’appel à la mobilisation et à la grève de cette journée du 17 septembre!

Avec la situation sociale et économique, cette journée se doit de prendre de l’ampleur pour porter et gagner notre projet qui vise à transformer et faire évoluer notre société tout en combattant le modèle capitaliste, qui chaque jour génère plus de pauvreté et d’exclusion.

Un autre monde est possible, nous avons des solutions humaines, sociales, solidaires, justes, équitables et respectueuses de l’environnement pour sortir de la crise. Mais qui connait nos propositions ?

Nous ne pouvons pas nous contenter d’un défilé de drapeaux au sein des rassemblements organisés par l’Union départementale. L’heure est bien à la mobilisation, à la bataille des idées et à la lutte.

Le 17 septembre n’est qu’un point d’étape. La contestation s’exprime sur tout le territoire et elle doit être porteuse des propositions CGT. 

Oui le CoViD risque de perturber cette journée d’action, 

Oui cette situation sanitaire met encore plus en avant nos difficultés de vie syndicale,

Oui la question du « tous ensemble » est encore plus dure aujourd’hui qu’hier !

Sur nos revendications, dont notre Programme Progressiste de l’Énergie, nous en sommes à la phase 2.

Pour rappel, l’objectif de la vidéo et des 300 000 livrets, est d’avoir une stratégie de diffusion vers les salariés, les usagers, les élus et les Pouvoirs Publics afin de porter à leur connaissance notre Programme et notre vision d’un Service Public au service des usagers et de l’intérêt général.

Notre Programme Progressiste de l’Énergie doit non seulement être distribué massivement, via le livret grand public notamment, mais il doit faire l’objet de présentation et de débat dans les entreprises et à l’externe. 

La Fédération quant à elle va maintenant interpeller les députés, les sénateurs, les ministères, la CRE et le CESE. S’en suivront aussi une conférence de presse et le lancement de notre campagne d’affichage.

Enfin, d’ici peu, nous recevrons un diaporama à destination des militants sur le contenu d’un document de 18 pages afin d’aider à la mise en œuvre de journées d’étude. 

Cette stratégie doit nous permettre de faire connaître et pousser nos revendications autour de notre Programme Progressiste de l’Énergie au plus grand nombre.

Sans les syndicats, les élus en IRP, tous nos militants et adhérents, tout ce travail n’aura pas l’effet escompté.

Un autre sujet qui mérite notre attention est celui de la protection sociale. Pour notre syndicat, il est de notre responsabilité de la réinvestir dans son ensemble.

Les élections au Conseil d’Administration de la CAMIEG se dérouleront à la fin du premier semestre 2021. Un appel à candidature est déjà lancé, et à cet instant la liste n’est toujours pas complète. Nous avons jusqu’à fin octobre pour la finaliser.

Il s’agit d’un véritable enjeu de fond. Nous avons collectivement trop négligé la protection sociale ces dernières années. Nos forces de réflexions risquent de s’amenuiser ainsi que notre capacité à mobiliser.

Pour notre syndicat, je vous propose que nous organisions dans un premier temps une « présentation/débat » du visuel réalisé par Pierre aux membres de la CEX lors d’une demi-journée à décider ensemble.

Par ailleurs, les élections CMCAS sont prévues en novembre 2021.

D’ores et déjà notre collectif syndical s’est réuni à deux reprises afin de préparer ces élections.

Même si notre projet politique n’a pas changé quant au « par et pour » ni sur la proximité, force et de constater que depuis la reprise après le confinement, les agents se sont adaptés à de nouveaux moyens d’accès à certaines activités.

Pour autant doit-on modifier notre projet politique ? devons-nous augmenter notre présence au plus près des salariés et retraités ou recentrer certains choix ?

Le collectif n’a pas décidé si nous organiserons le même jour des élections CMCAS, celles des SLVIES. Sommes-nous prêts à présenter partout des listes complètes en tenant compte d’un renouvèlement des membres ?

Je vous propose que nous développions ce sujet lors de la deuxième partie de notre débat afin de pouvoir rapidement exprimer notre position sur la prochaine réunion du collectif syndical.

D’ores et déjà, les syndicats CGT ont pris la décision d’organiser un sondage et une consultation auprès des adhérents CGT du périmètre de la CMCAS LSHM.

Pour rappel l’Assemblée Générale de la CMCAS est prévue le jeudi 1er octobre 2020. A ce jour les conditions de la tenue ne sont pas définies.

Un Conseil Général des syndicats de la FNME est prévu le 30 septembre et 1er octobre.

Pour rappel, les 3 grands sujets à l’ODJ prévus sont : • Les Activités Sociales, • La préparation du 7ème congrès de la FNME-CGT, • L’actualité revendicative.

Sur le sujet des Activités Sociales, pour rappel les syndicats ont été consultés sur les deux premiers sujets qui sont « la Foncière » et « l’évolution du modèle d’exploitation ». Pour notre syndicat, nous avons répondu positivement suite aux débats et consultation des membres de la CEX.

Une centaine de syndicats ont répondu avec des résultats peu clairs, puisque qu’ils ont été modifiés à plusieurs reprises. Pour la Première question la consultation remonte un avis favorable et pour la deuxième un avis défavorable.

A ce propos, sur ce sujet de la consultation, nous avons besoin d’éclaircir pour notre syndicat une politique sur la prise en compte ou non des abstentions.

Reste donc deux sujets à se positionner lors du Conseil général, la tarification et la clef de répartition CCAS et CMCAS. A ce jour aucun document nous a été envoyé afin de pouvoir débattre de ces deux sujets et de prendre une position lors de ce Conseil Général.

Voilà, j’en ai enfin fini et je vous remercie de votre attention,

Bon débat.

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